ScanUp veut détecter les risques au travail avant qu’ils ne se transforment en absentéisme

4 septembre, 2026 | Entrepreneuriat & Startups

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Fatigue persistante, douleurs, tensions ou désengagement peuvent précéder une situation plus difficile au travail. Pourtant, ces signaux restent parfois invisibles dans les indicateurs traditionnels. Avec ScanUp, 360SkillVue transpose une logique issue du dépistage médical à la prévention en entreprise : identifier plus tôt les situations qui méritent une attention particulière afin de mieux orienter les actions.

L’arrêt maladie ne raconte que la fin de l’histoire

Le taux d’absentéisme fournit une information importante aux ressources humaines. Il possède néanmoins une limite évidente : lorsque l’absence apparaît dans les statistiques, la difficulté existe parfois depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois.

Certains collaborateurs ont pu ressentir auparavant une fatigue inhabituelle, des douleurs physiques ou une dégradation de leur rapport au travail. Ces éléments ne déclenchent pas nécessairement une alerte immédiate.

Les troubles musculosquelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS) illustrent cette difficulté. Leur prévention demande de repérer des situations qui ne se traduisent pas toujours immédiatement par des données RH visibles.

ScanUp cherche donc à déplacer le moment de l’intervention. Au lieu de partir uniquement des conséquences déjà observables, la plateforme s’intéresse aux signaux qui les précèdent.

Avec ScanUp, quelques minutes d’audio ou de vidéo remplacent le long questionnaire

Le fonctionnement de la plateforme s’éloigne du questionnaire interne classique.

Les collaborateurs peuvent s’exprimer pendant quelques minutes à travers un message audio ou vidéo, à partir de consignes ciblées. Ce choix vise à recueillir davantage de contexte qu’une succession de cases à cocher.

Une personne peut ainsi expliquer une situation avec ses propres mots. Son discours apporte des nuances sur son environnement, son ressenti et les difficultés rencontrées.

Cette méthode cherche aussi à réduire la lourdeur de certains dispositifs déclaratifs. ScanUp repose sur une expérience courte afin de faciliter la participation.

L’objectif reste cependant le dépistage. L’outil n’a pas vocation à établir lui-même un diagnostic médical.

Derrière les données, l’analyse reste humaine

La technologie ne prend pas seule les décisions.

Chaque dépistage fait l’objet d’une analyse par un professionnel de santé, un ergonome ou un psychologue. Cette intervention doit permettre de qualifier les informations recueillies et de mieux comprendre leur contexte.

Un point joue notamment un rôle important : distinguer les difficultés liées à l’activité professionnelle de celles dont l’origine se situe principalement en dehors du travail.

Cette distinction peut modifier la réponse à apporter.

Une entreprise n’agira pas de la même manière face à une organisation de travail problématique, à un poste présentant des contraintes ergonomiques ou à une difficulté essentiellement personnelle.

ScanUp adopte ainsi un fonctionnement hybride. L’expertise humaine reste au centre de l’analyse, tandis que des briques d’intelligence artificielle doivent progressivement faciliter certaines opérations de tri et de traitement.

Passer du signal individuel à une cartographie des risques

Détecter un problème ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir transformer l’information en action.

ScanUp prévoit deux niveaux d’utilisation.

Pour le collaborateur, le dépistage peut conduire vers des actions de prévention adaptées à la situation identifiée.

Pour l’organisation, un tableau de bord offre une vision plus globale. Il permet de faire apparaître des zones ou des populations davantage exposées.

Plusieurs usages deviennent alors possibles :

  • repérer une concentration de TMS ou de RPS ;
  • identifier certains services qui nécessitent une attention particulière ;
  • orienter les actions de prévention ;
  • suivre les problématiques rencontrées sur le terrain ;
  • disposer d’éléments plus structurés pour piloter la santé au travail.

L’intérêt ne réside donc pas dans la surveillance d’un indicateur supplémentaire. La plateforme cherche plutôt à rendre les informations exploitables pour guider les politiques de prévention.

Le dépistage médical inspire une autre manière de prévenir

L’origine de ScanUp explique largement cette approche.

Laure Dellamonica, biologiste médicale spécialisée dans le dépistage et la prévention, dirige depuis plus de dix ans un organisme de formation destiné aux professionnels de santé.

Son expérience l’a confrontée à deux fonctionnements très différents.

En médecine, le dépistage vise précisément à identifier certains risques ou anomalies avant l’apparition de conséquences plus importantes. Dans les entreprises, les dispositifs de prévention interviennent encore fréquemment après l’apparition d’indicateurs visibles.

Elle a transposé cette logique au monde professionnel au sein de 360SkillVue, la structure qui édite ScanUp.

L’idée consiste à ne plus attendre systématiquement l’arrêt maladie, le signalement formel ou la dégradation manifeste d’une situation avant de chercher à la comprendre.

ScanUp donne aux RH un indicateur situé en amont de l’absentéisme

Pour les directions et les équipes RH, le principal changement concerne donc la temporalité.

Les indicateurs habituels conservent leur utilité. Les arrêts de travail, le turnover ou les baromètres internes fournissent des informations sur le fonctionnement d’une organisation. ScanUp cherche à compléter cette lecture par une détection plus précoce.

Cette approche peut notamment intéresser les entreprises qui souhaitent mieux cibler leurs actions de prévention. Une cartographie permet de concentrer les efforts là où des difficultés apparaissent plutôt que d’appliquer systématiquement les mêmes mesures à toute l’organisation.

Le dispositif ne supprime pas pour autant la nécessité du dialogue avec les salariés, de la médecine du travail ou des autres acteurs de la prévention.

Il ajoute une couche d’information entre le ressenti individuel et les indicateurs collectifs.

Prévenir avant de compter les absences

Le véritable enjeu de ScanUp tient finalement dans ce changement de perspective.

L’absentéisme constitue une conséquence mesurable. La prévention commence plus tôt.

En associant expression audio ou vidéo, analyse par des professionnels et tableau de bord, ScanUp cherche à faire remonter des informations qui passent parfois sous les radars des outils classiques.

Pour 360SkillVue, cette logique ouvre une autre façon d’aborder la santé au travail : ne plus seulement mesurer les situations déjà dégradées, mais donner aux organisations des éléments pour intervenir en amont.

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